Short-cuts (47)

Short-cuts (47)

semaine du 12 / 12 / 16

Kintsugi : méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or.


Question 12 : « Comment est votre amour ? »

- Mal chronométré.

(Jeux anonymes. Je anonymes. Vous me déstabilisez. J’adore ça.)

 

Je voulais vous dire que…

Non, rien en fait.

Je n’ai rien à vous dire. A me dire. C’est pareil. Cette année dure depuis trop longtemps. Il est temps que ça s’arrête. Maintenant j’attends devant la porte L33. Moquette marron. Vitres, tiges en acier, vert dégradé. Voix métallique dans les haut-parleurs. Des passagers sont invités à… Des passagers, c’est nous. Un homme a enlevé ses chaussures. Il respire en position de lotus. Il contemple les avions. Air France KLM pour Riyad a allumé ses moteurs. Le ciel s’est couvert. Une jeune femme crie en croate. Des enfants jouent à cache-cache. Nous sommes en attente. De partir. D’être ailleurs.

Nous sommes toujours en attente…

C’est merveilleux et détestable.

Désormais je traine l’odeur des Noëls passés parmi les étoiles noires des foules lumineuses et solitaires. Désormais je traine mes longues jambes maigres dans la robe de la fille en verre. Il y a un problème avec les trajectoires célestes. Un acharnement des forces à toute petite échelle qui broie avec indifférence nos minutes mes paupières et les inconnus à l’autre bout du monde. Désormais il faudra penser à ramasser les morceaux de nos rires cassés et panser les écorchures par des espoirs non pas d’une vie simple non pas d’une vie rêvée non pas d’une belle vie mais d’une vie. Une vie.

C’est tout ce qu’il nous reste.

Et c’est bien.


 
 

novi tjedan : 12 / 12 / 16

Kintsugi : japanska metoda popravljanja porculana ili keramike pomoću laka pomiješanog sa zlatnim prahom.


Pitanje 12 : « Kakva je vaša ljubav ? »

- Loše tempirana.

(Moji anonimni ja. Uznemirujete me. Obožavam to.)

 

Htjela sam vam reći da…

Ne, ništa.

Nemam vam ništa za reći. Za reći. Isto je. Godina predugo traje. Vrijeme je da prestane. Sada čekam pred gate-om L33. Smeđi tepisi. Staklene stijene, čelične šipke, nijanse zelenog. Metalni glas u zvučnicima. Pozivaju se putnici da… Mi smo putnici. Jedan muškarac se izuo. Diše u položaju lotosa. Promatra avione. Air France KLM za Riyad upalio je motore. Naoblačilo se. Jedna djevojka prostači na hrvatskom. Djeca se igraju lovice. Čekamo. Vrijeme za otići. Za biti negdje drugdje.

Uvijek čekamo…

To je predivno i odvratno.

Odsada vučem za sobom miris prošlih Božića među crnim zvijezdama svijetle i samotne gomile. Odsada vučem za sobom svoje mršave noge u haljini staklene djevojke. Nešto nije u redu s nebeskim putanjama. Posve tiha srdžba sile koja s ravnodušnošću melje naše minute moje vjeđe i strance na drugom kraju svijeta. Odsada treba skupiti krhotine naših slomljenih osmijeha i liječiti rane nadama ne jednostavnog života ne divnog života ne života iz snova nego života. Života.

Samo to nam ostaje.

I to je dobro.