Short-cuts (20)

au bout de chaque semaine, ce(ux) que je retiens dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se sjećam u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


semaine du 30 / 5 / 16

Mrs. Dalloway said she would buy the flowers herself.

Quand elle est triste, elle s’achète des fleurs. Trois bottes de pivoines pour le prix de deux. Détrempées par la pluie qui coule sans cesse depuis dimanche midi. Des pourpres, des blanches et des roses. Il est 18h50. Le mouvement du soleil est invisible. Le ciel existe-t-il encore ? Elle a oublié le ticket du nettoyage. La tristesse n’est pas une option. La tristesse ne devrait jamais être une option. Car le temps passe. Les saisons changent. Les gens changent. Les carpes dansent sur les trottoirs et les chats hurlent de terreur. Le changement de perception est le pire. Elle a acheté 250 grammes de framboises pour 4 euros. Non, le pire ça sera toujours l’injustice. Non, le pire ça sera toujours de ne pas pouvoir faire ce que tu penses pouvoir faire. Non, le pire ça sera toujours… Elle a mal au ventre. Elle a mangé un paquet entier de bonbons Haribo. Afin de concevoir l’être humain dans l’espace-temps, quelle est la taille du contexte optimal ? Où se situe la frontière, mathématiquement mesurable, au-delà de laquelle la conceptualisation de l’ensemble devient impossible ? Ses paupières sont lourdes et sur les façades luit l’humidité urbaine. La nature casse les ponts. Mardi, elle a oublié un mot de sa langue. Sa langue qui retourne du vin rouge et en fait des vagues dans la bouche. Les pivoines seront belles en images. Elle a pris goût aux fleurs mortes. Ne pas avoir peur de monstres dans le noir. Immobiliser son esprit. Dans l’air flotte une odeur de bois pourri. Elle marche d’un pas décidé. Les voyous la dévisagent. Elle ne se retourne jamais, jamais. Six jours sans soleil. Sans soleil. Cent soleils. Le temps météorologique pèse sur le temps chronologique.

Un homme de 74 ans a tenté de traverser un champ inondé à cheval. Il s’est noyé.


 
 

novi tjedan : 30 / 5 / 16

Mrs. Dalloway said she would buy the flowers herself.

Kad je tužna, kupuje si cvijeće. Tri kitice božura za cijenu dvije. Promočeni od kiše koja teče bes prestaka od nedjelje u podne. Grimizni, bijeli i ružičasti. Točno je 18h50. Pokret sunca je nevidljiv. Postoji li još nebo? Zaboravila je potvrdu za kemijsko čišćenje. Tuga ne dolazi u obzir. Tuga nikad ne bi trebala dolaziti u obzir. Jer vrijeme ide. Godišnja doba se mijenjaju. Ljudi se mijenjaju. Šarani plešu na kolnicima a mačke urlaju od užasa. Najgora je promjena svjetonazora. Kupila je 250 grama malina za 4 eura. Ne, najgora će uvijek ostati nepravda. Ne, najgora će uvijek ostati nemogućnost ostvarenja onog što misliš moći ostvariti. Ne, najgora će uvijek ostati... Boli ju trbuh. Pojela je cijeli paketić gumenih bonbona. Koja je veličina optimalog konteksta za poimanje ljudskog bića u prostoru i vremenu? Gdje se nalazi matematički mjerljiva granica mogućnosti konceptualizacije svijeta? Kapci su joj teški a na fasadama se sjaji urbana vlaga. Priroda ruši mostove. U utorak je zaboravila jednu riječ svoga jezika. Svoga jezika koji od crnog vina u ustima radi valove. Božuri će biti lijepi na slikama. Ona ima ono nešto za mrtvo cvijeće. Ne zazirati od čudovišta u mraku. Učiniti svoj duh nepokretnim. U zraku lebdi miris trulog drveta. Ona hoda odlučnim korakom. Propalice ju gledaju kradomice. Ne okreće se, nikad, nikad. Šest dana bez sunca. Bez sunca. Meteorološko vrijeme prijeti kronološkom vremenu.

Muškarac od 74 godine htio je na konju prijeći potopljeno polje. Utopio se.