Short-cuts (1)

au bout de chaque semaine, ce(ux) qu'il faut retenir dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se treba sjetiti u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


How to get away with murder

Qu'est-ce t'en penses du premier épisode? Chais pas, ça allait un peu trop vite. C'est un peu cru, non? Puis ces sauts temporels j'ai peur que ça me perturbe. (...) On se lève dans six heures. Oui mais il faut qu'on sache ce qui est arrivé à Rebecca! Allez, encore un.

Personnage principal, Annalise, une avocate brillante. Attachante. Noire américaine. Une scène inoubliable. Devant le miroir. Elle enlève sa perruque. Puis ses faux cils. Elle se démaquille. Elle passe ses doigts sur les traits de son visage. La courbe des sourcils. Puis les cernes. Et les lèvres. On a envie de faire pareil. Ses yeux sont noirs et profonds. Elle est belle. Réelle. Sujet. Femme.

Amour entre hommes. Puis entre femmes. Rien n’est noir et blanc. Personne n’est innocent. Sauf, parfois, les coupables.

L’écran, l’imaginaire, les représentations, la vie.

 

Enduring Love

Je lis dans les transports en commun. Entre "Moulin de l’Hôpital" et "IUT". Ou "De Gaulle" et "Université l’Indien". Une trentaine de minutes, deux fois par jour, cinq fois par semaine. Parfois, mon regard est attiré par des lumières fugaces du monde de dehors. Ou des bruits des conversations (je cherche alors des discours représentés). Parfois, le livre m’aspire. M’inspire. Comme celui-ci, de Ian McEwan. Narrateur extradiégétique. Anglais splendide. Phrases ficelées comme de la dentelle. Jusqu’au bout de souffle.

Curieusement, je n’ai pas réussi à les visualiser : ni Joe, ni Jed, ni Clarissa. Leur identité, ce sont des signes. Un roman éblouissant. L’imagination des mots. La trêve des images. Et c’est très bien.

 

Olivier Steiner

Je le lis. Pas encore assez. Il écrit. Il fait des phrases courtes. Saccadées. Vivantes. Il écrit sur Annie Ernaux. J’aurais aimé l’écrire ainsi. Il écrit comme il pense, ou non. Des mots simples. Des idées complexes. Un quotidien saturé de poésie. Il marie Duras avec Bowie avec Flaubert. Je voudrais qu’il dessine Isabelle Huppert.

 

Les Croates

J’aime mon Zagreb. Et ma Croatie ? Je ne sais plus. Nous avons un nouveau gouvernement. Avec un premier ministre qui peine à parler croate. Avec 3 femmes et 17 hommes. Avec des mots, beaucoup de mots, de promesses, de la démagogie. Je me félicite que les médias français ont d’autres chats à fouetter que de parler de cette triste histoire. De ce retour en arrière. Vers le pire héritage de l’esprit balkanique. Vers la patrie, le dieu et la haine. Un traditionnalisme qui étouffe. Une famille, un papa une maman plein d’enfants.

J'arrête d'en parler ça me rend malade.

 

A Color Story

Il fait gris en hiver. Je supporte mal le froid. Des épaisseurs. Ma peau est rouge et sèche. Tu prends des photos avec ton tel ? m’a demandé G. Oui mais elles sont pas belles en hiver. Je ne trouve point la beauté dans un monde qui dort. Manque de lumière. De couleurs. Je prends des photos avec mon téléphone puis je triche. Un peu. Car je ne veux pas voir ce que je vois. C’est ainsi que, cette semaine, j’ai trouvé A Color Story sur App Store (je parle comme un vrai hipster, là). Un peu de couleurs pour ce monde de brutes.

 

Amis

Enfin, j'écoute, je réécoute, et encore et encore cet extrait. Entendu dans le Petit psaume du matin. Je pense à ceux que j'aime. En France ou ailleurs. Anciens ou nouveaux. Et je m'éloigne des mots...



How to get away with murder

Što misliš o prvoj epizodi? Ne znam, malo je prebrzo išlo, nisam sve pohvatala. Malo je okrutno, ne? Smetaju me ti vremenski skokovi, bojim se da nikada neću shvatiti. (...) Budimo se za šest sati. Da, ali moramo saznati što se dogodilo s Rebeccom! Hajde, još jedna.

Glavni lik, Annalise, briljantna odvjetnica. Brzo se vežemo. Američka crnkinja. I nezaboravna scena. Pred ogledalom. Ona skida periku. Pa umjetne trepavice. Skida šminku. Prstima prelazi po crtama lica. Luk obrva. Pa podočnjaci. I usnice. Njezine su oči tamne i duboke. Lijepa je. Stvarna. Žena.

Ljubav dvaju muškaraca. Pa dviju žena. Ništa nije crnobijelo. Nitko nije nevin. Osim, ponekad, onih koji su krivi.

Ekran, mašta, predodžbe, život.

 

Enduring Love

Čitam u javnom prijevozu. Između stanica "Moulin de l’Hôpital" i "IUT". Ili "De Gaulle" i "Université l’Indien". Tridesetak minuta, dvaput dnevno, pet dana u tjednu. Ponekad mi pogled bježi prema bljeskovima svjetlosti s druge strane stakla. Prema buci razgovora (tada tražim upravni i neupravni govor). Ponekad me knjiga uvuče k sebi. Kao ova – napisao ju je Ian McEwan. Ekstradijegetički pripovjedač. Sjajan engleski. Rečenice spletene kao čipka. Do samog kraja.

Nisam uspjela vizualizirati ni Joea, ni Jeda, ni Clarissu. Neobično. Njihov su identitet znakovi. Roman koji oduzima dah. U mašti se umjesto slika oblikuju riječi. I to je dobro.

 

Olivier Steiner

Čitam ga. Još nedovoljno. On piše. Sastavlja kratke rečenice. Isprekidane. Žive. Piše o Annie Ernaux. Bila bih htjela tako o njoj pisati. Piše kako misli, ili se samo tako čini. Jednostavne riječi. Složene ideje. Svakodnevica se utapa u poeziji. Povezuje Duras s Bowiejem s Flaubertom. Htjela bih da skicira Isabelle Huppert.

 

Hrvati

Volim svoj Zagreb. A svoju Hrvatsku ? Ne znam više. Imamo novu vladu. Na čelu s premijerom koji jedva govori hrvatski. S 3 žene i 17 muškaraca. S riječima, mnogo riječi, obećanja, demagogije i primitivizma. Srećom da francuske novine imaju dosta svojih briga pa ne pišu o toj tužnoj priči. O tom povratku u prošlost. U najgore naslijeđe balkanizma. Domovina, bog i mržnja. Tradicionalizam koji guši. Obitelj, tata mama i puno djece.

Prestajem o tom pisati jer mi je zlo.

 

A Color Story

Zima je siva. Teško podnosim hladnoću. Mnogo slojeva. Koža mi je crvena i suha. Fotografiraš i s mobitelom ? pitao me G. Da, ali zimi slike nisu lijepe. Ne nalazim ljepotu u svijetu koji spava. Nedostaje svjetlosti. Boja. Fotografiram s mobitelom i onda malo varam. Jer ne želim vidjeti što vidim. Tako sam ovaj tjedan na App Storeu pronašla A Color Story (zvučiš kao hipster). Malo boje u ovom hladnom svijetu.

 

Prijatelji

Slušam, ponovno, ponovno, ovih pet minuta. Čula sam ih u Petit psaume du matin. Mislim na one koje volim. U Francuskoj ili negdje drugdje. Stari ili novi. I odlazim od riječi…