Short-cuts (2)

au bout de chaque semaine, ce(ux) que je retiens dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se sjećam u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


Cette semaine, c’était l’anniversaire de C. Sur la table du salon, deux bouquets de fleurs coupées. L’un, roses en quatre couleurs, dans un vase en cristal épais et orné de formes qui me font penser à la décoration désuète dans la maison de mes grands-parents. L’autre, roses couleur feu et tulipes blanches dans un vase en verre fin, dont les arrondis rappellent les courbes féminines. Hier, j’ai posé les deux vases sur un linge blanc et j’ai photographié les fleurs.

 

"Dora et le Minotaure"

Sur l’étagère de Nana, des recueils de Sergueï Essénine (et une petite photographie de lui encadrée sur le mur. Je me souviens elle m’a dit qu’il s’était suicidé je ne comprenais pas le mot ni l’horreur derrière lui). Des livres de cuisine. Le livre tibétain sur la mort. Et l’un de Slavenka Drakulić – Peau de marbre. Je ne l’ai jamais lu. Sur la couverture, sculpture, torse d’une femme nue, de dos. Parmi les mots, une mère et une fille. Difficile.

La prose de Slavenka Drakulić semble être between, un peu comme elle, entre l’ex-Yougoslavie et le grand nord suédois. Les mots, entre la prose et l’(auto)biographie, le privé et le public, le documentaire et l’intime. Elle parle du féminisme, du communisme, de Frida Kahlo, des Balkans. Puis dans son nouveau roman, de Dora Maar – photographe surréaliste, muse de Picasso, croate par son père.

En ce moment, elle est en train de faire connaissance avec Picasso. J’hésite à aller plus loin dans les pages. La femme moderne, libre me plaît. Elle est un peu ronde, bien brune, elle a une relation particulière avec sa mère. Ça pourrait être moi. Ensuite, elle abandonnera tout. Elle s’abandonnera dans les bras d’un génie, deviendra une idole, une image, et se laissera écraser. Je n’ai pas envie d’en arriver là (dans le livre ou dans la vie ?).

"La photographie est ma vocation. Car l’appareil photographique me donne la possibilité de décider. Il m’est important d’être celle qui observe les autres, et non celle que les autres observent, tu le comprends ? La photographie me permet non seulement de voir la réalité comme je le veux, mais aussi d’en créer une nouvelle. Il m’importe de créer, papa." (ma traduction)

 

Christiane Taubira & Nina Violić

C.T., dernier bastion de gauche du gouvernement sous Hollande, est partie du pouvoir sur son vélo hollandais. N.V., actrice croate, a écrit sur Facebook une lettre sur la liberté, amère et sincère. C.T. a fièrement et poétiquement porté jusqu’au bout la loi sur le mariage pour tous. N.V. a dit à voix haute ce qu’un bon nombre de Croates pense de leur nouveau gouvernement : non ! Non au nouveau ministre de la culture qui relativise l’antifascisme, non au gouvernement qui mêle dangereusement l’état et l’église, non au nationalisme, au flicage, au primitivisme. Oui à la Liberté. C.T. est restée fidèle à elle-même : "parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir". Partir, plutôt que de trahir ses convictions.

Au nom du petit peuple dont la voix n’est pas toujours audible, merci à ces deux femmes de défendre, dans mes deux pays, ce qui reste de humain, de libre en nous, ce qui a trait à la résistance, ce qui a trait à des idées.

Penser, c’est dire non (Alain, 1924).

 

Les Barbie avec des formes

Jeudi matin (ou était-ce mercredi? les journées s'assemblent et se ressemblent) une bribe déjà sur France Inter, j'entends le mot Barbie. Dans le train pour Tours je lis les gros titres, Le Monde parle des Barbies, Libération parle des Barbies (samedi matin, la nouvelle, sous-titrée "Révolution", est toujours à la une de leurs top 100...), Jutarnji list parle des Barbies. Les Barbie avec des courbes, les Barbie noires, les Barbie petites, les Barbie aux cheveux courts feront désormais fureur auprès des jeunes filles rangées du monde entier, les créateurs de la belle blonde aux proportions fantasques ne s’essuieront plus des reproches sur le non-politiquement-correct, le non-conforme-à-la-réalité de leurs poupées, et les râleurs de service devront se taire face à cette « diversité » affichée.

Tout ça est très bien. Mais ne nous faisons pas d’illusion : Barbie restera pour toujours blonde et mince et disproportionnée. Les enfants ne cherchent pas la réalité, ils cherchent à en fuir.

Or moi, ce qui me gêne bien plus que les belles Barbie blondes, rêve anodin des jeunes filles aux yeux brillants, ce sont les grand-mères décolorées qui, interloquées, choquées presque, réprimandent d’une voix blasée et basse leurs petits fils : "Mais arrête de regarder ces poupées, c’est pour des filles ! Tu n’es pas une fille quand même, tu ne vas pas jouer aux poupées quand même, tu veux qu’on se moque de toi ?!" Histoire vraie, mercredi, Orléans, un magasin de jouets.



Ovaj tjedan C. je slavila rođendan. Na stolu u dnevnom boravku dva buketa. Prvi, četiri boje ruža, u vazi od teško ukrašenog debelog stakla koja me podsjeća na dedu i baku. Drugi, vatrenocrvene ruže i bijeli tulipani u vazi od tankog stakla oblikovanog kao silueta žene. Jučer sam postavila obje vaze na bijelu plahtu i fotografirala cvijeće.

 

"Dora i Minotaur"

Na Naninoj polici zbirke Jesenjina (i njegova mala fotografija uokvirena na zidu. Sjećam se da mi je rekla da je počinio samoubojstvo. Tada su mi i riječ i čin bili nepoznati). Kuharice. Tibetanska knjiga mrtvih. I jedna Slavenke Drakulić – Mramorna koža. Nikad je nisam pročitala. Na prednjim koricama ženski torzo, s leđa. U riječima, majka i kći. Teško.

Proza Slavenke Drakulić kao da je between, kao i ona, između bivše Jugoslavije i velikog švedskog sjevera. Riječi, između proze i (auto)biograije, privatnog i javnog, dokumentarnog i intimnog. Govori o feminizmu, komunizmu, Fridi Kahlo, Balkanu. A u novom romanu o Dori Maar – fotografkinji u doba nadrealizma, Picassovoj muzi, Hrvatici po ocu.

Upravo će se upoznati s Picassom. Je li da čitam dalje? Sviđa mi se ova moderna, slobodna žena tamne kose, s oblinama i složenim odnosom s majkom. To bih mogla biti i ja. A potom će sve napustiti. Napustit će se u rukama genija, postat će njegov kip, slika, dopustit će da je uništi. Ne bih htjela dotle doći (u knjizi ili u životu?).

"Fotografija je moj poziv. Zato što mi fotografski aparat daje mogućnost da ja odlučujem. Zar ne razumiješ da mi je važno biti ona koja proučava druge, a ne ona koju proučavaju drugi ? Fotografija mi omogućuje ne samo da vidim stvarnost kako ja to želim, nego i da kreiram novu. Važno mi je da stvaram, tata."

 

Christiane Taubira & Nina Violić

C.T., posljednja utvrda ljevice u Hollandeovoj vladi napustila je vlast na holandskom biciklu. N.V., hrvatska glumica, na Facebooku je napisala pismo o slobodi, gorko i iskreno. C.T. je ponosno i poetično sve do kraja provela zakon o braku za sve. N.V. je naglas rekla ono što mnogo Hrvata misli o novoj vladi: ne! Ne novom ministru kulture koji relativizira antifašizam, ne vladi koja opasno miješa državu i crkvu, ne nacionalizmu, registrima izdajica, primitivizmu. Da Slobodi. C.T. je ostala vjerna sebi : "ponekad, znak otpora je ostati, ponekad, znak otpora je otići". Otići, radije nego izdati svoja uvjerenja.

U ime malog čovjeka čiji se glas rijetko čuje, hvala ovim dvjema ženama koje u moje dvije zemlje brane ono ljudsko, slobodno u nama, ono što nas podsjeća na otpor, ono što pokreće ideje.

Misliti znači reći ne (francuski filozof Alain, 1924).

 

Barbike s oblinama

U četvrtak ujutro (ili je bila srijeda ? dani si nalikuju, vrijeme leti) par riječi na radiju, čujem Barbie, mislim da sam krivo čula. Malo kasnije u vlaku čitam naslove dnevnih novina, Le Monde priča o Barbikama, Libération priča o Barbikama (u subotu ujutro vijest, znakovitog podnaslova "Revolucija", i dalje je prva u njihovih top 100...), Jutarnji list priča o Barbikama. Barbike s oblinama, crne Barbike, male Barbike, Barbike s kratkom kosom, sve će one odsad očaravati dobre djevojčice diljem svijeta. Kreatori najpoznatije plavuše nemogućih proporcija neće više morati slušati prigovore o politički nekorektnim lutkama koje ne nalikuju na stvarne žene, a dežurni dušebrižnici trebat će se utišati pred tom novom raznolikošću.

Sve je to jako lijepo. No nemojmo se zavaravati: Barbika će zauvijek ostati plava, mršava i nemogućih proporcija. Djeca ne traže stvarnost, oni traže bijeg od nje.

No ono što mene muči, mnogo više od plavih Barbika, bezazlen san curica sa sjajem u očima, to su izblajhane bake koje, šokirane i posramljenje, tiho prekoravaju svoje unuke dječake : "Ma prestani gledati te lutke, to je za curice! Pa ti nisi valjda curica, nećeš se valjda s lutkama igrati, zar hoćeš da ti se druga djeca rugaju?!" Istinita priča, srijeda, Orléans, jedan dućan s igračkama.