Short-cuts (32)

au bout de chaque semaine, ce(ux) que je retiens dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se sjećam u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


semaine du 29 / 8 / 16

constellé : qui est parsemé d'étoiles / (par analogie) qui est parsemé d'objets ou d'ornements qui brillent / (ironique) qui est parsemé de souillures

Soudainement, il y a comme une odeur de figues. Derrière le rideau en lin opaque la vie respire. Elle se réveille pour la deuxième troisième quatrième fois. Comment est-elle vivante lorsqu’elle dort ? Les vêtements d’hiver, les colliers, les photographies poussiéreuses, du sel d’Himalaya, la couleur mauve, un portrait en or. Immobile, elle est toute petite. Quand est-ce que tu es devenue cette chose si insupportablement fragile ? Vernis rouge. Ses mains portent le souvenir de toutes les machines à écrire elle les dévorait pour calmer sa rage des aubes solitaires. Vernis noir. Elle n’est pas prête. Dans ses rêves elle voyage vers la mer. Lunettes de soleil, chapeau au bord large. Epuise-la. Epuise-la. Epuise-la. On ne mangeait de la viande que les semaines paires système de tickets poinçonnés disait-elle. Qu’est-ce qu’on s’amusait, qu’est-ce qu’on s’amusait à nager dans la Sava tu te souviens ? Non. Pour ta mère : souliers propres, couettes, robe blanche. Repassée la veille. Chaussettes aux bords en dentelle. Elle détestait ça. Détestait. J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fait tout ce que je pouvais. Je sais. Son visage crie amour. AMOUUUUUR. Ce qui la rend belle c’est qu’elle ne porte en elle aucun regret. Un soupçon de Chanel n°5 : odeur de poudre de bois des fontaines publiques des matriochkas. Dans une boite de gâteau des boutons dans un panier en osier des billes en verre. Dans le frigidaire son or et ses diamants. Quand elle marche elle ne touche pas le sol. Son corps plane comme sur un nuage surface solide et exempte de toute matière. Jamais ne cours derrière un tramway ou derrière un homme. Reste digne ma petite. Ma toute petite. Reste belle fais attention à ton poids à ta peau à tes fréquentations. Ne jamais oublier ses poèmes. Elle se retire dans le liquide de ses pensées intermittentes. Dans le présent elle souffle des images du passé toujours les mêmes images (mes images de ses images) : un lac une église de la dentelle des rails un tour du monde cent schillings dans une enveloppe blanche pour s’acheter des fleurs. Je ne pourrai jamais l’épuiser.

Elle rêve de devenir un ange.


 
 

"Ja ne mećem na te đinđuve sa trakom,

Nego žute ruže u te kose duge :

Budi odveć lepa da se sviđaš svakom,

Odveć gorda da bi živela za druge."

Nešto je zamirisalo po smokvama. Iza zastora od neprozirnog lana diše život. Ona se budi po drugi treći četvrti put. Kako je živa dok spava? Zimska odjeća, ogrlice, prašnjave fotografije, himalajska sol, boja sljeza, zlatni portret. Kad je nepomična, posve je mala. Kada si postala tako nepodnošljivo lomljiva stvarčica? Crveni lak. Njene ruke nose sjećanja svih pisaćih mašina proždirala ih je kako bi smirila bijes samotnih zora. Crni lak. Nije spremna. U svojim snovima putuje prema moru. Sunčane naočale, šešir širokog oboda. Iscrpi je. Iscrpi je. Iscrpi je. Jeli smo meso samo parnim tjednima sistem kartica s rupama govorila je. Kako smo se zabavljali, kako smo se zabavljali plivajući u Savi sjećaš se? Ne. Za tvoju majku : čiste cipelice, kečke, bijela haljina. Sinoć popeglana. Sokne s čipkastim rubom. Mrzila je to. Mrzila. Napravila sam što sam mogla, uvijek sam radila sve što sam mogla. Znam. Njeno lice viče ljubav. LJUUUUBAV. Ono što je čini lijepom jest da ni za čim ne žali. Dašak Chanela n°5 : miris pudera drva javnih fontana babuški. U kutiji od keksi gumbi u pletenoj košari pikule. U frižideru njeno zlato i njeni dijamanti. Ne dotiče tlo dok hoda. Tijelo joj lebdi kao na oblaku čvrsta površina oslobođena svake materije. Nikad ne trči za tramvajem ili muškarcem. Ostani dostojanstvena malena moja. Moja jako malena. Ostani lijepa pazi na kile na kožu na društvo. Nikada ne zaboraviti njezine pjesme. Povlači se u tekućinu svojih isprekidanih misli. Sada diše slike prošlosti uvijek iste slike (moje slike njenih slika) : jezero crkva čipka tračnice put oko svijeta sto šilinga u bijeloj kuverti za kupiti si cvijeće. Nikad je neću moći iscrpiti.

Sanja postati anđelom.