Sur la contrainte

Le programme :

Trouver le moyen (toujours). Chercher à aimer. Œuvrer encore plus pour la beauté du geste. Se permettre des victoires sur soi. Manger bio. Fermer dans ses yeux un morceau de l’eau sauvage qui coule (près du pont). Regarder le ciel. Écouter la musique nocturne des métropoles. Savoir se taire même quand le ventre et les yeux et la bouche crient (de… ?). Se rappeler de ne pas oublier de sourire. Tâcher à tenir ses promesses. Ne pas avoir peur des monstres dans le noir. Apprendre l’humilité. Croire en de meilleurs lendemains mais ne vivre qu’aujourd’hui. Construire une cabane en bois, au cas où. Tout dire. Ne pas tout dire. Ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur. Ne jamais cesser de lutter (les apparences sont trompeuses). Lire (mais ne pas culpabiliser de ne pas lire). Accepter ses déchirures et en faire une œuvre d’art. Emprunter d’autres chemins, parfois. Faire des autoportraits (beaucoup). Prendre des douches glacées. Avoir confiance. Observer les détails avant de se faire une idée de l’ensemble. Céder sur son désir (si, Lacan, si). Penser à la crème solaire et à d’autres moyens de protection.

 
 

La contrainte :

Je pose ainsi les règles pour un projet de vie (faux). Une belle vie en somme, à la lettre, qui ne peut être atteinte qu’en trouvant des remèdes pour les difficultés anticipées (faux). Une belle vie en somme, et celle que je souhaite vivre, est obligatoirement différente de la mienne (faux). Car je ne suis pas celui que je me dois d’être, la preuve : je me construis en opposition involontaire à tout ce que je souhaite devenir (faux). Ainsi, la contradiction entre mes projections et la réalité m’amène vers une quête éternelle et frustrante d’un moi absent alors qu’il est mon devoir de me complaire dans la vraie vie que je vis (faux).