Sur la lumière

Pour le début.

"Sur X" ne parle jamais de X. Les mots qui disent X parlent davantage de moi que de la réalité plastique de laquelle X émerge. X n'est que l'image mentale des métaphores ancrées dans mon horizon d'attente. De ce fait, X n'existe pas. Au-delà, c'est la nuit. Et dedans, ce sont tous les sous-entendus que les mots sur X permettent de révéler, ou pas.

X et moi, nous dansons parmi les boîtes qui s'emboîtent.

 
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Pour la suite.

Maintenant c'est ainsi, mais rien ne dit que ça ne pourrait, n'aurait pu, ne pourra être autrement. La lumière qui se pose sur ton visage est une lumière blanche, froide et opaque. Sept minutes plus tôt, dans un jaillissement sans parole qui crée la vie et tout ce qui vit, elle a amorcé sa trajectoire vers toi. Maillon d’une machinerie allégorique, tu appartiens à d’innombrables ceux qui depuis un temps incommensurable existent, passent et disparaissent. Tu crées la lumière dans un acte dénominateur qui la dote d’une autorité existentielle. Le poids de ta responsabilité humaine se mesure à l’échelle de l’univers. Alors, ce n’est pas le moment de renoncer.

La membrane de ta peau est la frontière ultime. Aucune lumière n’ira jamais plus loin.

 
 

Pour la fin.

Regarde le soleil très très fort. Regarde le soleil tellement fort, à perte de vue, à ne plus le voir. Regarde. Tu verras la poussière de laquelle sur ta rétine sont faites des étoiles. Par une illusion d'optique, le soleil deviendra vert émeraude. Alors, ferme les yeux très très fort et attends. Lorsque tu auras épuisé tout l'oxygène dans tes yeux, lorsque tes yeux auront manqué de souffle, ouvre-les.

Ainsi, tu auras changé de ciel.