Sur l'attente

Sur l'attente

Quelles attentes pour les jours et les nuits d’attente…?

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on trace des lignes droites qui durent soixante millimètres, le début et la fin de chaque minute, lentement, lentement, on crée sur le sable un réseau d’étoiles dessinées avec des lignes droites qui se croisent pour oublier le poids du temps, pour oublier que l’on perd du temps en attendant que le temps passe et qu’il arrive le temps de la fin d’une attente sans fin

 
 

et le temps passe, ne passe pas, puis passe à nouveau, et on nage, on marche, on s’enfonce dans le sable, le soleil se meut par intermittence, jamais vraiment levé, jamais vraiment couché, ici ou ailleurs, ce sont les mêmes bouches qui respirent et qui parlent, "dans quinze jours on", "quelques pétales de", "le meeting à", "vous pouvez partir si", "je pense à", "quand est-ce que vous", "le porte-parole ne", "vous en saurez plus quand", polyphonie, polychronie, et jamais on n’est aussi présent dans chaque minute, et jamais on n’est aussi indifférent à la vie, à la vie…

 
 

dans les nuits blanches de nos rêves on est déjà ailleurs, au-delà, c’est la fin de l’attente et la vie recommence, celle qui s’était arrêtée au début du tracé des étoiles dans le sable, à l’origine d’un doute, à l’intersection des variantes du possible, puis on se réveille et on déteste être impotent et mou, et on déteste être interdit d’agir, et on déteste la fragilité de nos espoirs immobiles, alors on cherche la consolation dans les attentes des autres, pour oublier que l’on aime détester le temps de l’attente, que l’on a aimé, que l’on aime le temps qui est passé. lorsque l’attente se termine, l’espoir s’éteint.