Sur l'autre

… qui parcourt les mêmes lieux dans un autre temps, intemporel, temps qui était, qui est, ailleurs, encore. La lumière tombe sans cesse sur la terre comme de la poussière et révèle de nouvelles failles et cache d’anciennes cicatrices.

Des lambeaux suspendus sur les branches de l’arbre en or. Spectacle funèbre.

La rivière silencieuse.

Par la fenêtre, les voix ne dorment pas.

Absente, je tends les doigts et caresse la joue de l’autre comme pour ressusciter ce qui est caché dans les angles d’un temps sans faille. Je me dédouble. Là, où la route est ensoleillée, par un soleil en feu, juste avant l’orage.

Elle ne le sait pas encore.

 
16.jpg
 

… qui montre quelques hésitations, encore, à peine perceptibles, une résistance lente à la pesanteur, un instant, puis plus rien, avant une nouvelle fois, et ainsi de suite. Des paysages s’imprègnent dans sa peau comme la chaleur des derniers jours de l’été : désirer les garder, regretter leur présence trompeuse, les voir disparaître, désespérer.

Il faut à tout prix être dans le présent, être présente, mais lorsque les mains furieuses du passé s’emparent de ses chevilles il est alors difficile de marcher doit, et elle, l’autre, n’est qu’une enfant. Du passé elle garde les images, celles qu’elle combine avec le temps, et subitement, l’image s’éclaircit, limpide, et elle, elle n’est à nouveau nulle part.

 
21.jpg
 

Les instants

du présent

se superposent

aux instants

du passé