Sur le présent

présent est présent est présent

(fichu présent)

je tends mes doigts fanés vers le vide (de l’eau bleue, sans cesse, là où les coeurs s’arrêtent. elle, qui plane, déjà comme un spectre. convulsion, par anticipation. sauter? ne pas sauter? l’horizon des événements est vert et vaste.)

fuir?

fuir

et le faire très bien.

puis le matin se lève et dans une odeur d’acide elle chasse les restes de la nuit et de l’oubli. de la concrétude des secondes qui passent se formera un jour ordinaire. la prison sans faille.

exaspérée, elle se dit : mais tu ne sais même pas ce que j’aime.

 
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*

humer l’air dans l’accalmie avant l’explosion imminente

se tenir à un fil

aduler le silence

*

 
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Elle dit je et je dis elle. Rien que de la poudre composite, rien que des mots sans parole, un soleil noir, une langue étrangère, des fantasmes sur un quelconque aboutissement, une route éclairée, la vaine éventualité du dialogue.

Aucun verbe.

*

La brutalité du présent car il est éternel.

La douceur du présent car il est éternel.