Sur les bleus

Sur les bleus

Qu’est-ce que l’essentiel?

La neige tombait en cristaux brûlants car c’était l’été, un été assassin comme tous les étés, immobiles, indifférents, immenses. Le chemin menait à une gare où les trains étaient à l’arrêt et il fallait partir, partir vite vers l’oubli ou ailleurs.

Sous la neige à perte de vue furieux les hommes et les femmes affluaient vers les trains impassibles. Il fallait partir. Née d’un cauchemar cette ville blanche et bâtarde gardait les voyageurs dans son ventre. Pour un temps, l’ailleurs était impossible.

Attente. Or derrière la gare luisaient les marches d’un mausolée sous les amas de la neige brûlante. Et il fallait entrer dans le coeur de la bâtisse d’un sol glissant de la neige et il fallait tomber, se relever, accrocher les mains au vide et river les yeux sur la sépulture. La sienne. Celle où reposait le cristal rouge, le centre.

Il fallait absorber le cristal. Et puis plus rien. Violence et douceur.

 
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Il semble qu’une année dure cent ans mais tout passe tellement vite.

Ce que le temps porte il l’apportera.

Le bonheur est statique la souffrance dynamique.

Durant la vie on apprend à tout accepter.

La philosophie ne peut que vous

- détruire, dit-elle.

 
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Les bleus, maintenant, sous la peau se multiplient et grandissent.

El Desdichado,

crie,

cristal rouge,

inaccessible étoile.