Sur les feux

Sur les feux

Celui qui embrase

Un feu cru et froid. Un feu solide, concret et qui a des angles obliques (par exemple : trembler de peur. Comment? À ne plus savoir discerner la réalité du rêve dans un monde qui mord aux lèvres). Un feu qui fait crier (parole intérieure) : mais! déstabilise tes mains et tes veines (vertes et immobiles), ralentis, vibre, frissonne (du feu froid?), de sorte que puisse être atteinte une immobilité parfaite de l'âme, une fragilité sereine. Un feu-douleur pour soi, contre soi, car les jours et les nuits et les jours recouvrent d'anciens clichés par de nouveaux mots. Feu la douleur?

 
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Celui qui embrasse

Un feu insonore mais qui ne rend pas souffrantes les oreilles de ceux qui l'écoutent : celui qui ne fait pas peur. Un feu doux qui brille par milliers en coulant vers l'ouest (la régularité désinvolte du flux ne peut qu'être rassurante) : est-ce normal? Un feu qui brûle : les flammes jaunes et bleues dessinent des cercles dans les champs de blé aux bords des voies ferrées. Un feu qui parle ne parle pas rêve (mais oublie) s'enflamme sourit s'enchante doute lit émerveille se demande offre cherche vit pense mange (se) libère. Un feu qui rend heureux : les diamants sortent de la bouche et des yeux de ceux qui...

 
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Quand je ferme les yeux, je vois un ciel étoilé rouge et orange qui se déchaîne : la bataille entre deux feux.

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" ... life is horizontal, not vertical - it cannot be accumulated so live ... " (S.S.)