Sur les plis

Sur les plis

Ma nuit regorge d’eau et de sel.

Dans la nuit de mes yeux les rayons argentés de la Lune : sur les cheveux, sur les draps, dans la bouche et sur les murs.

Rien ne bouge.

Je rêve d’apesanteur. Vaguement plus légère que l’air elle saute sur les roches la mer est bleue et visqueuse et profonde elle a 93 ans elle s’élance sur les roches blanches en riant. Ses mains sont liées elle s’envole pas plus que quelques centimètres juste assez pour être légère … Les roches arides elle rit et s’élance prend de la vitesse elle saute et se laisse partir tomber aller dans la mer. Elle glisse. Aucune main ne pourra la dérober aux eaux profondes elle est lourde dans la mer elle disparaît dans un éclat de rire qui console.

 
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Rien ne bouge.

Dans la nuit de mon ventre un bloc de granit écrase les rêves et envoie des secousses régulières à mes jambes : sursauts, inconsciente, puis l’oubli.

Ma nuit regorge d’eau et de sel.

Apesanteur, encore. Statique. L’image ne changera pas. Un canapé rouge un chardonneret en haut à droite. Et elle elle a 93 ans elle est immensément grande elle m’envahit et souffle à mon oreille - oni imaju kameno srce - ses mots résonnent ses mots ont un sens qui me file entre les doigts alors que l’aube dévore les derniers rayons de la nuit. Puis plus rien.

 
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Les plis de ma nuit sont insensés et frénétiques elle est libre libre comme jamais et comme toujours elle me fait épouvante et désir avant de s’estomper avant de disparaître.

La nuit.

Rien ne bouge.

Et ma nuit regorge d’eau et de sel.