Sur les regards

Sur les regards

Trois vagues finiront pas lui ôter la vie

Dans quelques instants

Plus tard

Ou dans un autre rêve

Il reste que, maintenant, elle est immobile. Celle qui ne craint pas la vie. Or le mécanisme est enclenché et rien ne peut arrêter la fatalité allègre du temps qui passe.

Derrière les vitres

Dans les profondeurs

(Et sous la mer, lorsque la mer est agitée)

Elle abandonne son corps au soleil

Et se cache, pensivement

 
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“Quelquefois je pense que ton regard est comme une rivière.”

Alors que les coeurs sont tuméfiés et roses, monstrueux et inutiles, cela retentit d’une voix cristalline dans le vide : encore un tour, encore une lune, encore un rêve, fais-moi rêver, s’il te plait, mais dans mon rêve le 21 octobre 2018 elle est déjà morte. Les coeurs pourrissent comme des bêtes au soleil, et elle est déjà morte, depuis bien trop longtemps elle est morte, frappée par la violence de sa déception, bien plus que par la déception elle-même. Dans les couloirs vides de ses rêves elle met du rouge à lèvres et elle attend, ce qui ne vient pas, ce qui ne peut jamais venir, et la reddition est vive mais nécessaire. Le reste est silence. Le reste a toujours été silence et dans son silence je crie mon incompréhension avec un fatalisme glacial : fais-moi rêver, encore, et regarde-moi, regarde-moi encore dans l’aphasie des bouts de la nuit etc.

 
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Sa déception me brûle.