Nina RendulicComment

Nana, a superwoman

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Nana, a superwoman

Ovo je kratak tekst o Nani, mojoj baki.

Nana nikad nije dala da ju zovemo baka. To je za stare ljude, veli, ja nisam stara. Ne znamo točno koliko Nana ima godina. Kad je bila mlada, još u doba Kraljevine Jugoslavije, promijenila je godinu rođenja na svim svojim osobnim dokumentima jer je htjela početi raditi prije zakonske dobi. Mislimo da će ove godine napuniti 90. Nana ima vatrenocrvenu kosu, tirkizne obrve i tanku liniju laka na svojim dugim noktima. Ona radi najbolju makovnjaču, najfiniju orehnjaču, najsočniji kuglof i mirisnu pitu od jabuka. Svako jutro provodi sate u kupaonici i ne izlazi dok nije napudrana, našminkana, namirisana. Nema nijednu boru (nadam se tim dobrim genima), hoda uspravno, subotama jezdi po gradskim kavanama i žali se jer sve njezine prijateljice piju lijekove a ona nema nikakvih problema sa zdravljem. Nana je hrabra, samostalna i rastavljena žena. Kad je moja mama bila jako mala, Nana je ostavila mog dedu (koji je u svim ostalim pogledima bio jedna užasno dobra osoba) i njegovu mladu djevojku i sama s mojom mamom nastavila svoj životni put : ustajala se u pet, vodila mamu u vrtić, radila jedan posao, pa drugi posao, u mojoj mašti uvijek zrihtana (sjećanje na miris Chanela 5, koji si nikad ne bi bila mogla priuštiti, ali taj miris, to je moja Nana) i s osmijehom. Kad sam bila mala, uspavljivala me pjesmom "Lipe cvatu" i pričala mi o svom djetinjstvu u Bohinju, putu u Pariz, šalovima od svile i bogatim proscima koje je odbijala. Nana je nekad slikala. U njenom dnevnom boravku visi moj portret, imam kosu boje suhog zlata.



Ceci est un court texte sur Nana, ma grand-mère.

Nana n’a jamais voulu qu’on l’appelle grand-mère. C’est pour les vieux, disait-elle, je ne suis pas vieille ! On ne sait pas quel est son âge exact. Lorsqu’elle était très jeune, pendant le Royaume de la Yougoslavie, elle a modifié son année de naissance sur tous ces papiers officiels car elle voulait commencer à travailler avant l’âge légal. On pense qu’elle aura 90 ans cette année. Nana a des cheveux couleur de feu, des sourcils turquoises et une ligne fine de vernis sur ses ongles longs. Elle fait le meilleur gâteau au pavot, le plus délicieux gâteau aux noix, le plus moelleux kouglof et la tarte aux pommes la plus parfumée. Tous les matins elle passe des heures dans sa salle de bains à se poudrer le visage, se maquiller, se parfumer. Elle n’a aucune ride (je compte sur ces bons gènes), elle marche droit, le samedi elle flâne dans les anciens cafés du centre de Zagreb et se plaint car toutes ses amies prennent des médicaments et elle n’a aucun souci de santé. Nana est une femme courageuse, indépendante et divorcée. Quand ma mère était très petite, Nana a quitté mon grand-père (qui à tout autre point de vue était un type formidable) et sa jeune copine. Elle a continué son chemin de vie seule avec ma mère : elle se levait à cinq heures du matin, emmenait ma mère au jardin d’enfants, travaillait à deux endroits différents. Dans mon imagination, elle était toujours très bien arrangée (je me rappelle de l’odeur du Chanel n°5, pour lequel elle n’avait absolument pas de moyens, mais son odeur, c’est ma Nana) et souriante. Autrefois, quand j’étais petite, elle me berçait au rythme de la chanson « Les tilleuls fleurissent » et me racontait son enfance à Bohinj, son voyage à Paris, les écharpes en soie et les riches prétendants qu’elle refusait un à un. Avant, Nana peignait. Dans son salon est accroché mon portrait, j’ai des cheveux couleur or.