Nina RendulicComment

Who's afraid of women photographers? (2)

Nina RendulicComment
Who's afraid of women photographers? (2)

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Qui a peur des femmes photographes? Huit janvier, seconde partie, 1918-1945. Paris, Musée d'Orsay (aller à Paris en semaine, venir à l'ouverture du musée, sillonner les salles au calme, dire bonjour à la mère de Whistler, observer les curieux devant la chambre de Van Gogh.)

En prélude, un retour vers Imogen Cunningham. Ma star. Un double portrait, un couple, Edward & Margrethe, sur le point de se séparer. Lui, dévasté, regard dans le vide, elle, indifférente, regard vers le futur.

Après la Première guerre, la femme photographe s’établit sur le territoire public de cette pratique en pleine effervescence – les libertés sont plus grandes, les appareils plus petits, les réseaux plus larges, les interactions plus fréquentes. Or la femme revendique en premier lieu un retour vers soi. A partir des années 1920 sont auto-explorés les visages, les regards, les mouvements et les parties du corps des photographes (des fragments d’Ilse Bing et de Florence Henri…). La mise en lumière des corps est leur mise en scène,leur mise en abîme (souvenez-vous seulement de Claude Cahun). Les distorsions, les miroirs, le jeu des ombres, l’insolite, l’ambivalent. La construction de la femme par sa déconstruction. Puis, la femme-sujet s’évade vers les lieux masculins : la photographie de mode (Madame Yevonde, les larmes en couleur à la glycérine), le photojournalisme, les voyages et la guerre. Et je me demande, le regard moderne a-t-il un genre ?

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J’admire les autoportraits de ces femmes modernes.

Je marche d’Orsay vers République. Je mange une pizza. Je retrouve S. sous la statue. Avec S., on trouve une terrasse au soleil. Avec S., on parle de Radovan Ivsic, de Francontraste, de l’avenir, du passé, de Sarajevo, de Zagreb, de la poésie. Le canal Saint Martin se vide. On y retrouve les cadavres des vélos volés et des chariots de supermarché, des éclats de verre, et une odeur pourri du lendemain des fêtes. Avec S., on parle de la photographie.

Tu ne prends plus les gens en photo ?

Je n’ai jamais vraiment pris des gens en photo.

Et pourquoi ?

Pourquoi… ? Peut-être je n’aime pas qu’on pose le regard sur moi lorsque je regarde. Peut-être j’aime garder la maîtrise sur l’observable et en rester le sujet.

Tu te souviens : "Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur."

Oui. Je me souviens.

J’admire les autoportraits de ces femmes modernes. Dernièrement, j’y pense beaucoup. Se mettre en scène pour se redécouvrir. Se déconstruire. Apprendre à se regarder. Sans tomber dans le piège de la phénoménologie contemporaine : appréhender la différence entre les "selfies" et les autoportraits (comme celle entre la pornographie et l’érotisme ?), montrer le caché ou cacher le montré ?

A suivre...



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Tko se boji žena fotografkinja? Osmi siječanj, drugi dio, 1918-1945. Pariz, Muzej Orsay (put u Pariz usred radnog tjedna, muzej u rano jutro. Šetnja mirnim prostorijama. Pozdrav Whistlerovoj majci, razgledavanje gledatelja Van Goghove sobe.)

Preludij : povratak k Imogen Cunningham. Moja zvijezda. Dvostruki portret, par, Edward & Margrethe, ususret prekidu. On, očajan, pogled u prazno, ona, ravnodušna, pogled u budućnost.

Nakon Prvog svjetskog rata, ustalio se položaj žena na javnom teritoriju rastuće fotografske prakse – slobode su sve veće, fotoaparati sve manji, veze sve šire a interakcije sve češće. No žene će se prvo vratiti vlastitoj sobi. Od dvadesetih godina dvadesetog stoljeća fotografkinje istražuju svoja lica, poglede, pokrete i dijelove tijela (fragmenti Ilse Bing i Florence Henri...). Izlaganje vlastitih tijela igra je svjetlosti i pogleda, i pretvara se u glumu (sjetite se samo Claude Cahun). Iskrivljavanje, zrcala, igre sjena, neobično, ambivalentno. Dekonstrukcija će konstruirati ženu fotografkinju. Nova žena-subjekt prelazi na teritorij muškaraca : modna fotografija (Madame Yevonde, suze od glicerina u boji), fotoreportaža, putovanja i ratovi. Pitam se, ima li moderan pogled svoj rod?

(2)

Divim se autoportretima tih modernih žena.

Hodam od Orsaya do République. Jedem krišku pizze. Nalazim se sa S. pod kipom. Nalazimo terasu na suncu. Pričamo o Radovanu Ivšiću, Francontrasteu, budućnosti, prošlosti, Sarajevu, Zagrebu, poeziji. Kanal Saint Martin se prazni. Pogled nam se zaustavlja na leševima ukradenih bicikala, kolica iz dućana, krhotina staklenih boca. Miris jutara poslije. S. i ja pričamo o fotografiji.

Više ne fotografiraš ljude ?

Nikad nisam fotografirala ljude.

Zašto ?

Zašto… ? Možda zato što ne volim da me se gleda dok gledam. Možda zato što trebam čuvati kontrolu nad promatranim. Ostati subjekt.

Sjećaš se : "Budući da ne shvaćamo te zagonetke, pravimo se da smo ih sami organizirali."

Da. Sjećam se.

Divim se autoportretima tih modernih žena. U zadnje vrijeme, puno razmišljam o tome. Stati na scenu, otkriti se. dekonstruirati se. Naučiti se gledati. Gledati sebe. Ne pasti u zamku suvremene fenomenologije : razmisliti o razlici između selfija i autoportreta (kao ona između pornografije i erotike), pokazati skriveno ili sakriti pokazano ?

Nastaviti…