Zagreb : une improvisation joyeuse

Zagreb : une improvisation joyeuse
 
"Ceci est un arbre."

"Ceci est un arbre."

 

Le 21 décembre à Zagreb le soleil se couche à 16h14. Des nuages bas ont enveloppé les lumières de la ville. Il fait froid.

La concrétude : de l’air dans les narines / de l’herbe gelée et blanche / des flaques d’eau cristallisées / de la fumée du vin chaud. Les regards son bas, enveloppés. Les sourires assourdis. Les mouvements lents.

On a sorti ses manteaux en fourrure.

On a sorti ses chiens bergers.

On a sorti son argent pour nourrir sa soif de l’oubli cadencée par les chansons religieuses de Noël. La concurrence enjouée des chalets aux saucisses et vin chaud.

On a sorti ses bonnes manières et ses recettes de gâteaux de fêtes.

On a sorti ses gants troués. Ses mains éraflées par le vent du nord qui fouillent dans les poubelles (les bouteilles en plastique sont consignées) et ramassent les feuilles de salade flétries à la fermeture des marchés.

 
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Je ne te reconnais plus dans la mémoire de mon corps, Zagreb. Car tu es un autre. Car je suis une autre. Tu oublies la splendeur ancienne de tes façades. Tu ignores l’élégance de tes vieilles dames fidèles. Tu recouvres tes pavés de la trivialité des terrasses chauffées. Tu vénères le Made in ailleurs. Tu es fermé. Appauvri dans ta tête. Chaotique.

 
Raccommodage "Nada"

Raccommodage "Nada"

 

Or je t’aime toujours autant. Réinventons notre amour, Zagreb. Il est temps. Improvisons.