Nina RendulicComment

Before the last curtain falls

Nina RendulicComment
Before the last curtain falls

Nous sommes le vendredi 7 janvier 2011. Il faisait froid ce jour-là à Orléans. Froid et humide. Comme d'ailleurs très souvent en hiver. Comme d’ailleurs très souvent... P. venait d’être hospitalisé pour des coliques néphrétiques. Nous l’avions amené en voiture à l’hôpital. Il tremblait. C. partait travailler. Je restais, j’attendais, près du téléphone. Ils lui ont fait faire une prise de sang (il n’aime pas ça). Ils lui ont donné des médicaments. Puis, il était libre de partir. Nous sommes partis ensemble en tram. Il n’était pas très rassuré. Il tremblait toujours.

Ce vendredi 7 janvier 2011, le soir, nous avions des billets pour un spectacle de danse, Gardenia d’Alain Platel. Le matin, à l’hôpital, j’ignorais encore l’importance que ce spectacle allait avoir pour moi. La possibilité même d’aller au théâtre paraissait exotique dans le décor des murs vert menthe, dans les odeurs du chlore et du sang, dans l’effervescence des infirmières, dans les yeux inquiets d’autres qui attendaient, comme moi. Or douze heures plus tard, P. dormait, blotti sous plusieurs couvertures en laine. Et C. et moi marchions vers le théâtre, dans mon souvenir sous la pluie, car il fallait prendre l’air. Il fallait respirer. La journée fut longue.

Je me souviens, la scène était en bois et en pente. Je me demandais alors comment ils allaient danser sur une scène en pente. Je me demandais alors quel sera le degré de douleur à danser sur du bois. Et je me demandais si j’allais m’ennuyer, m’endormir. Puis, le spectacle a commencé. Et quel spectacle. Vanessa Van Durme mène le chant du cygne de sept amis, artistes, travestis, qui montent sur scène de leur cabaret avant que le rideau ne se ferme devant eux pour la dernière fois. Désormais il faut dire adieu à un passé qui leur a permis d’être ceux – non, celles qu’ils – non, elles sont. Dire adieu à des regards, leurs propres regards encadrés par de faux cils dans un miroir. Existe-t-il une vie après la scène, se demandent-ils. Existe-t-il une vie qui n’est pas spectacle ? Quelle vie pour nous hors l’espace d’une représentation collective ? L’identité, la vie, l’avenir, les paillettes, les fards à paupières, les bas résille, les sourires, la sueur, les regards, les gestes. Un tourbillon, un monde lumineux face à un avenir incertain. Face à Claude François qui chante : Quand tu souris...je m'envole au paradis. Car nous savons que tout ira bien.

Pourquoi Gardenia ? Pourquoi ce spectacle me hante-t-il depuis cinq ans ? 

Parce que ça parle de la différence. Des incertitudes. Ça montre, malgré le décor, les paillettes, la musique, les pas dansants, le jeu sur scène, ça montre…la vie. Une illusion d’authenticité qui pourrait être la nôtre. Qui s’affiche comme universelle. Ne sommes-nous pas tous, à un moment de la vie, ces vieux travestis, qui se donnent, qui ont tout donné, qui se sont construits sous et par des regards autres, qui ont peur de perdre leur identité une fois sortis de la scène ? Ne sommes-nous pas tous, à un moment de la vie, between, hier et demain, lui et elle, peur et désir ?

L’avenir ne peut qu’être lumineux.

J’aime ce mot.

Gardenia, mon amour…



Petak je, 7. siječnja 2011. Bilo je hladno tog dana u Orléansu. Hladno i vlažno. No tako je često ovdje zimi. Tako je često… P. je završio na hitnoj zbog bubrežnih kamenaca. Išli smo autom do bolnice. Drhtao je. C. je morala na posao. Ja sam ostala, čekati, blizu telefona. Izvadili su mu krv (ne voli to). Dali su mu neke lijekove. I mogao je otići. Skupa smo otišli tramvajem. Nije se osjećao ohrabrenim. I dalje je drhtao.

Tog petka 7. siječnja 2011. trebale smo ići u kazalište na plesnu predstavu Gardenia koreografa Alaina Platela. Ujutro, u bolnici, nisam ni slutila koliko će mi ta predstava biti važna. Sama mogućnost odlaska u kazalište činila se egzotičnom u dekoru mentol zelenih zidova, u mirisu klora i krvi, u buci medicinskih sestara, u zabrinutim očima drugih koji čekaju. Ipak, dvanaest sati kasnije, P. je spavao umotan u vunenu deku. A C. i ja smo hodale prema kazalištu, u mojem sjećanju pod kišom, trebao nam je zrak. Trebale smo disati. Dan je bio dug.

Sjećam se, scena je bila nakošena i sastavljena od drvenih dasaka. Pitala sam se kako će plesati na nakošenoj sceni. Pitala sam se kako će im stopala odjekivati na drvenim daskama. I pitala sam se hoće li mi biti dosadno, hoću li zaspati. Predstava počinje. I kakva predstava. Vanessa Van Durme vodi labuđi pjev sedam prijatelja, umjetnika, transvestita, koji stupaju na scenu svog kabareta posljednji put, prije nego ih zakloni teški zastor. Trebalo je oprostiti se od prošlosti koja je tim muškarcima – ne, ženama! – dala da postanu što jesu. Oprostiti se od pogleda, njihovih vlastitih pogleda uokvirenih umjetnim trepavicama u ogledalu. Postoji li život nakon scene, pitaju se. Postoji li život različit od predstave? Kako ćemo živjeti izvan prostora kolektivnog prikaza? Identitet, život, budućnost, šljokice, maskara, mrežaste najlonke, osmijesi, znoj, pogledi, geste. One su u vrtlogu, u blistavom svijetu na korak od nesigurne budućnosti. A Claude François pjeva : Kad se smiješ…letim u raj. Jer znamo da će na kraju sve biti dobro.

Zašto Gardenia? Zašto me ta predstava opsjeda već pet godina?

Zato što govori o različitosti. O nesigurnosti. Pokazuje, unatoč dekoru, šljokicama, muzici, plesnim koracima, igrama na sceni, pokazuje...život. Iluziju stvarnosti koja bi mogla biti naša. Koja se čini univerzalnom. Nismo li svi mi, u jednom trenu, ti stari transvestiti koji su sve dali, koji su se izgradili pod i prema pogledima drugih, koji se boje da će izgubiti svoj identitet jednom kad ih sakrije zastor? Nismo li svi mi, u jednom trenu, between, jučer i sutra, njega i nje, straha i želje?

Budućnost može jedino biti blistava.

Volim tu riječ.

Gardenia, ljubavi moja...