Vandalisme adorable
 
Orléans, le 28/03/17

Orléans, le 28/03/17

 

Ici, il n'y a rien.

Ici, il y a tout.

Ici, il y avait, il y a eu, il va y avoir encore, puis à nouveau il n'y aura plus - des mots :

"Réduire l'immigration au strict minimum"

C'était le deuxième matin après le changement d'heure. De nouveau, la nuit recouvre la ville à l'aube, le Un traverse deux rivières, les étudiants sont ensommeillés, leurs musiques trop fortes, les visages indifférents et à perte de vue sous les lumières de la ville des affiches, des affiches aux verbes à l'infinitif, infinitif mutique (une loi? une vérité générale?) qui ne désigne personne : réduire, un injonctif dépersonnalisé, un JE qui se cache, un VOUS qui est absent, et aucune prise en charge, aucune possibilité pour que ces mots : réduire / l'immigration / au / strict / minimum puissent ouvrir un dialogue car avec ces gens-là l'interaction n'existe pas.

Ainsi, il ne reste plus qu'à arracher, à refuser leur refus du dialogue, à ne pas se laisser réduire à une foule compacte et silencieuse. A agir par des actes là où les mots sont en vain.

Leur vandalisme linguistique. Mon vandalisme adorable.