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Short-cuts (26)

… le "va-et-vient entre mes yeux et l'invisible" / … "putevi između mojih očiju i nevidljivog"


au bout de chaque semaine, ce(ux) que je retiens dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se sjećam u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


semaine du 11 / 7 / 16

… le "va-et-vient entre mes yeux et l'invisible"

Reflet n°1

Londres, mercredi, vingt et une heure heure locale. Une avenue qui descend vers le fleuve (monuments aux morts). Homme, costume sombre : les deux portent des marques de la fin de journée. Femme, tenue ennuyeuse. Tout d'un coup elle enlève ses talons et se met à marcher pieds nus. Ses plantes blanches se salissent à vitesse inégale. La gauche est noire avant la droite. C. dit que c'est parce qu'elle s'appuie trop sur la droite et que la gauche frotte le sol et ramasse davantage de poussière. 

Reflet n°2

Le 14 juillet 2016. On entend au loin le feu d'artifice. J’ai toujours aimé les feux d’artifice … J’ai toujours aimé les feux d’artifice.

Reflet n°3

Sur la RN 20 un jour de demi-soleil de juillet, il y a : des champs dorés de blé, des champs verts de betteraves, des chemins marron de boue, des interstices et des fêlures, des amas de petits nuages à perte de vue, nous, des fils électriques, des voitures brûlées, un piéton sur le mauvais bord, et un papillon noir qui a évité de justesse de s’écrabouiller sur le pare-brise.

Reflet n°4

Un homme ordinaire (cinquantaine, mince, taille fine, cheveux clairsemés, petites lunettes rondes, sac plastique Libération (logos en biais), survêtement en lycra bleu démodé) traverse le pont entre la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz. Il fait tomber son trousseau de clés. Il se penche pour le ramasser. Méfiez-vous des apparences.

Reflet n°5

Des taches écarlates de coquelicots forment des lignes derrière les vitres tandis que mes yeux voyagent à grande vitesse.

Reflet n°6

On poursuit les traces de nos pas dans la neige. La neige assourdit le bruit de nos paroles. Nos paroles parlent une langue étrangère. Etrange sentiment du déjà-vu. Nous filons. Dehors, tout est noir, blanc et immobile.

Reflet n°7

L’espace s’est progressivement vidé des hommes. Ceux qui restent contemplent le paysage minéral à l’autre côté des vitres résistant aux chocs. Le bruit répétitif d’un ventilateur. Une mouche. La femme assise à droite a enlevé ses chaussures. Your attention please, this is a security announcement : all unattended luggage will be removed by the security officers.


 
 

novi tjedan : 11 / 7 / 16

… "putevi između mojih očiju i nevidljivog"

Odraz n°1

London, srijeda, dvadeset jedan sat po lokalnom vremenu. Avenija koja silazi prema rijeci (spomenici mrtvima). Muškarac u tamnom odijelu : oboje nose znakove kraja dana. Žena u dosadnoj odjeći. Odjednom se izuva i počinje hodati bosa. Bijeli tabani prljaju se nejednakom brzinom. Lijevi je pocrnio prije desnog. C. kaže da je to zato što se previše oslanja na desno stopalo pa lijevo klizi po tlu i kupi više prašine.

Odraz n°2

14. srpnja 2016. U daljini se čuje vatromet. Oduvijek sam voljela vatromete … Oduvijek sam voljela vatromete.

Odraz n°3

Na cesti RN20 jednog polusunčanog dana u srpnju vide se : zlatna polja žita, zelena polja šećerne repe, puteljci smeđi od blata, rupe i pukotine, mnogo malih oblaka na obzoru, mi, električni kablovi, spaljeni automobili, pješak s krive strane, i crni leptir kojem je malo falilo da se rasprsne na prednjem staklu.

Odraz n°4

Posve običan muškarac (pedesetak godina, mršav, uskog struka, proćelave kose, s malim okruglim naočalama, plastičnom vrećicom (logo novina Libération), u plavoj staromodnoj trenirci od likre) prelazi most između kolodvora Lyon i kolodvora Austerlitz. Ispustio je ključeve. Saginje se kako bi ih pokupio. Ne sudite po izgledu.

Odraz n°5

Grimizne mrlje makova oblikuju linije iza stakla dok moje oči putuju velikom brzinom.

Odraz n°6

Slijedimo tragove naših stopa u snijegu. Snijeg ublažuje buku naših riječi. Naše riječi govore stranim jezikom. Neobičan osjećaj već viđenog. Bježimo. Vani je sve crno, bijelo i nepomično.

Odraz n°7

Prostor se postupno prazni. Ljudi koji su ostali promatraju mineralni pejzaž s druge strane staklenih stijena otpornih na udarce. Jednoličan zvuk ventilatora. Muha. Desno sjedi žena, izuva cipele. Your attention please, this is a security announcement : all unattended luggage will be removed by the security officers.

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Short-cuts (25)

Sur l’île, les chats naissent au printemps et meurent avec le départ des hommes. / Na otoku se mačke rađaju u proljeće i umiru s odlaskom ljudi. 


au bout de chaque semaine, ce(ux) que je retiens dans la réalité subjective du monde qui nous entoure

krajem svakog tjedna, ko/čega se sjećam u subjektivnoj stvarnosti svijeta oko nas


semaine du 4 / 7 / 16

 

Je vole l’ensemble des choses que l’on ressent (et son rouge à lèvres) à Hélène C. Sans la connaître.

Dedans, il n'y a rien.

 

Sur l’île, les chats naissent au printemps et meurent avec le départ des hommes. Les mères, maigres, chassent entre les roches cachées dans la brousse quelques sauterelles, escargots, taons ou – exceptionnellement – rats, et les avalent avant d’atteindre le nid avec leurs petits. Leur lait est caillé et chaud. Insipide. Les plus petits des petits mourront avant d’avoir pu se noyer dans la lumière du jour. Les autres grimperont sur la montagne de leurs corps pour atteindre le lait, la vie. Les mouches leur lèchent les yeux mi-ouverts, les puces leur sautent sur le duvet. Avec leurs premiers pas ils quittent le nid et se fondent dans de l’immortelle, ils jouent parmi les branches de l’olivier, ils se cachent sous les buis épineux des mûriers. La mère est demi-morte. La sécheresse est sans fin. Les jours se succèdent, identiques, avec le soleil au zénith et les vapeurs salées de la mer qui recouvrent les roches. Puis un jour arrivent les hommes. Ils étaleront leurs tentes leurs barbecues leurs maillots de bain mouillés leurs saucissons secs leurs attrape-mouches leurs jeux de cartes leurs masques et tubas leurs cannes à pêche leurs transistors leurs langues étrangères leurs appareils photo sous-marins leurs tongs leurs livres leurs huiles de coco leurs sprays anti-moustiques leur insouciance et leurs gros corps blancs. Ils jetteront aux chats les carcasses grasses de leurs poulets grillés, les têtes et les déchets de leurs poissons, le lait coloré par leurs Chocapics du matin et quelques regards vaguement compatissants. Les chats joueront, mangeront et dormiront à l’ombre d’une vie rêvée. Pour un temps des vacances…

Et c’est ainsi.

Les chats chassent les rats. Les hommes nourrissent les chats. Les rats s’échappent. Les hommes partent. Les chats meurent. Les rats règnent.

Un nouveau cycle commencera.


 
 

novi tjedan : 4 / 7 / 16

 

Kradem od Hélène C. sve ono što se može osjetiti (i njen crveni ruž). A ne znam je.

Unutra nema ničega.

 

Na otoku se mačke rađaju u proljeće i umiru s odlaskom ljudi. Majke, mršave, love među stijenama skrivenim u suhoj travi skakavce, puževe, obade ili – vrlo rijetko – štakore, i gutaju ih prije nego što dosegnu gnijezdo sa svojim mladima. Njihovo je mlijeko kiselo i toplo. Bezokusno. Najmanji od mladih umrijet će prije nego što se utope u svjetlosti dana. Ostali će se penjati po planini njihovih tijela kako bi dosegli mlijeko ili život. Muhe im ližu poluotvorene oči a buhe im skaču po paperjastoj dlaci. S prvim koracima napuštaju gnijezdo i gube se u smilju, igraju se među maslinovim granama, skrivaju se pod trnovitim grmovima kupina. Majka je polumrtva. Suša je beskrajna. Dani se nižu, isti, sa suncem u zenitu i slanim morskim parama koje prekrivaju stijene. A onda, jednoga dana dolaze ljudi. Raširit će svoje šatore svoje roštilje svoje mokre kupaće kostime svoje kobasice svoje muholovke svoje igraće karte svoje maske i dihalice svoje ribičke štapove svoje tranzistore svoje strane jezike svoje podvodne fotoaparate svoje japanke svoje knjige svoja kokosova ulja svoje sprejeve protiv komaraca svoju bezbrižnost i svoja debela bijela tijela. Bacat će mačkama ostatke svojih pečenih pileta, glave i iznutrice svojih riba, mlijeko obojeno njihovim jutarnjim Chocapicsima i nekoliko blago suosjećajnih pogleda. Mačke će se igrati, jesti i spavati u sjeni divnog života. Za vrijeme trajanja praznika.

I to je tako.

Mačke love štakore. Ljudi hrane mačke. Štakori bježe. Ljudi odlaze. Mačke umiru. Štakori vladaju.

Počet će novi ciklus.

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